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CONSEILS A MON FILS 7^7

ment belles ou d'une laideur indiscutée est celle qui s'adresse à leur esprit. Quant aux femmes qui tiennent le milieu, celles-là sont à entreprendre sur leur beauté ou du moins sur leur grâce. Toute femme qui n'est pas absolumeut laide se croit belle ; mais comme elle ne l'entend pas dire souvent elle n'en a que plus de gratitude aux quelques hommes qui le lui disent. Au lieu qu'une beauté décidée, qui se connaît pour telle, ne regarde chaque tribut payé à ses charmes que comme un droit qu'on se saurait lui refuser, elle désire donc briller par son esprit et être considérée de ce côté. De même une femme qui est assez laide pour le savoir, sait qu'il ne lui reste plus que son esprit qui en devient (et en plus d'un sens) son côté faible. Mais ce sont là des secrets et vous devez les garder inviolablement, si ne voulez pas comme Orphée être déchiré par le sexe tout entier.

Un homme qui veut vivre dans le grand monde doit être galant, poli et attentif à plaire aux femmes. Elles ont, par la faiblesse des hommes, plus ou moins d'influence dans toutes les cours ; elles donnent l'empreinte à la réputation de chaque homme dans le beau monde et, comme pour la monnaie, elles lui donnent cours ou la déclarent billon. 11 est donc absolument nécessaire de les ménager, de leur plaire, de les flatter et de ne leur témoigner en rien le plus léger mépris, ce qu'elles ne pardonnent jamais.

{Lettre CXXIX — 5 septembre 1748)

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