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NOTES 627

tel recul, tel piétinement dans le développement des artistes qu'on a accoutumé de saluer au Salon d'Automne. La ré- trospective De Groux, capable d'exciter de la surprise, du respect, voire même de l'enthousiasme et qui contient pour le moins un chef d'œuvre : Le Christ aux Outrages, ne nous sera d'aucun enseignement : l'artiste, possédé d'un génie com- plaisant même à ses défauts, ne veut pas enseigner et méprise ceux qui enseignent... Mais si son œuvre forme le principal attrait du présent salon, côté inspiration, dérèglement, instinct, — à l'opposé, un groupe nous attire, tant par sa singularité, que par le bruit dont on l'entoure, c'est le groupe cubiste, le groupe des intellectuels-géomètres.

Il ne sied point d'en rire par avance. Ces cubistes, dit-on, n'ont pas toute leur raison... Il se peut. Du moins ont-ils certaines raisons d'être cubistes : ces raisons, ils nous les exposent. Dans le milieu qui les a nourris, suscités, fût-ce par réaction, — efforçons-nous de les comprendre. S'il faut en rire, nous en rirons après et d'autant mieux.

Dans son ensemble, nul Salon ne nous parut encore plus représentatif que celui-ci, de la peinture " ultra-moderne. " On a exclu impitoyablement tout ce qui ne dérivait pas d'un jeune maître ou d'un maître jeune — il en est de tous âges, comme on sait : — de Cézanne, de Denis, de Bonnard ; de Guérin, de Marquet, de Laprade ; et aussi de Matisse, de Friesz ou de Van Dongen. Aucune place pour un effort indépendant dont la discrétion, la tenue eussent pu procurer un temps de repos à nos yeux. Une quintessence de Salon d'Automne. Soit. L'expérience n'en sera que plus concluante.

Or, il ne peut nous échapper que ce qui règne ici en maître, c'est la tache, la sensation ; c'est l'arabesque, la fantaisie, et que pour les nouveaux venus l'exemple total de Cézanne devient peu à peu lettre morte. On a bien essayé de construire, on ne construit plus ; schématiser n'est pas construire. On s'autorisera du plus spirituel des coloristes, P. Bonnard, du plus voluptueux des luministes, K. X. Roussel, bientôt de la barbarie d'un Matisse qui ramène la peinture à sa prime enfance, au bariolage des nègres et des Sioux ; et dans l'ordre

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