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��NOTES

��HENRI HOUSSAYE.

Il y a toute une catégorie d'historiens, en France, dont le principal caractère est d'appartenir à l'Académie Française. Au lendemain de la mort de Michelet, qui écrivit l'histoire de la France parce qu'il aimait ce pays, et de Taine qui con- struisit l'histoire de la Révolution Française, parce qu'il avait horreur de la Commune, les historiens ont formé deux écoles. Il y a eu l'école universitaire, qui a prétendu fonder l'histoire scientifique ; c'est à savoir une histoire qui, dédaignant les formes humaines et singulières (Louis XIV, Napoléon) que revêtent le plus souvent les grands événements dans la vie d'une nation, s'efforce d'atteindre, sous ces éclatantes appa- rences, la réalité, qui est, selon les uns, une fatale évolution économique, selon les autres, l'évolution, également naturelle, des institutions religieuses et des institutions juridiques. Et, d'autre part, il y a l'école académique, dont les tenants s'efforcent simplement d'écrire assez de récits de batailles, assez de " portraits " de monarques, de ministres et de géné- raux pour être un jour admis à l'Académie Française. — J'avoue ma préférence pour la première école ; si ses préten- tions sont déplaisantes, ses livres sont nourrissants pour l'esprit. Il y a la Cité antique de Fustel de Coulanges, que Montesquieu aurait aimée. Je ne connais rien de plus clair que l'Histoire politique de l'Europe contemporaine, par M. Seignobos ; et c'est dommage que M. Emile Bourgeois écrive si mal, car c'est ce qui empêche son Manuel de politique étrangère, d'aîlleurs excellent, d'être un chef-d'œuvre. Les jours où j'ai la faiblesse de me défier du grand Michelet, je peux apprendre beaucoup

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