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Connaissant l’habileté de cet homme, j’écartai la supposition. “ Le vizir occupe peut-être Giula. Il a eu un caprice sénile ; il l’a mandée à sa couche ; “ Cette idée, qui ne s’était pas encore présentée à mon esprit sous ce jour, qu’un autre homme possédait Giula, la pouvait asservir à ses plus lubriques désirs, cette idée révoltante pour un homme de mon rang et de mon caractère, me mit positivement hors de moi. “ Il faut, disais-je tout haut, que je maudis vizir ait eu envie de Giula, car autrement, ne serait-elle pas ici ? Chien de vizir ! Odieux vieillard ! Que le démon t’étrangle dans ton lit. ” Une autre pensée me dégrisa soudain : “ Mais pourquoi Zambinelli n’est-il pas venu m’avertir ? ”

J’essayai, mais en vain, de trouver l’issue secrète. J’eus beau palper le mur de long en large, je ne pus mettre la main sur le ressort qui le faisait d’ouvrir.

Alors, je revins naturellement à ma première supposition. “ Le vizir aura surpris le couple ; il aura fait égorger le Vénitien, maltraiter Giula… ” Je voyais ce corps délicieux livré à la brutale insensibilité des eunuques.

Soudain, j’entends un cri perçant dans la maison et le bruit d’une rixe. Affolé, je cours jusqu’au bout de la ruelle, cherchant l’entrée du palais, décidé à tout risquer pour voler au secours de ma maîtresse.

J’arrivai à une petite place formée par des maisons brillamment éclairées. Une grosse lanterne rouge pendait au-dessus de la porte du vizir. Des voix discordantes menaient grand bruit dans la maison. Intrigué, je m’arrête et en ce moment même, la porte s’ouvre et trois marins anglais sortent, violemment expulsés par un nègre dont les bras reluisirent sous la lanterne. Les matelots, ivres