Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


568 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Eve elles ont fait beaucoup de mal. Pour ce qui est de cette dame-là, je vous l'abandonne, mais depuis son temps, l'histoire peut vous l'apprendre, les hommes ont fait dans le monde plus de mal que les femmes ; et à vrai dire, je vous conseillerais de ne vous fier ni aux uns ni aux autres plus qu'il ne le faut absolument. Mais ce que je vous conseille aussi, c'est de ne jamais attaquer des corps entiers, quels qu'ils soient ; car, outre que toutes les règles générales ont leur exception, vous vous faites, sans nécessité, un grand nombre d'ennemis. Parmi les femmes, comme parmi les hommes, il y a du bon et du mauvais, et il se pourrait faire qu'il y eût là autant de bon, ou davantage, que parmi nous. Cette règle s'applique aux gens de loi ou de guerre ou d'Eglise, aux courtisans comme aux bourgeois, etc.. Ils sont tous hommes, sujets aux mêmes passions et aux mêmes sentiments, ne différant que par leurs manières qui tiennent à la différence d'éducation. Il serait aussi imprudent qu'injuste d'attaquer aucun d'eux en corps. Les individus pardonnent quel- quefois ; mais les corps et les sociétés ne pardon- nent jamais.

{Lettre LXXVIII — 5 avril 1 746).

Ne vous imaginez point que le savoir que je vous recommande si vivement soit dans les livres, quel que soit l'agrément ou l'utilité de celui qu'ils renferment. J'y comprends la grande science du

�� �