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^^O LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

qu'on y avait assez le travail pour ne pas dormir et pas assez pour rester éveillé ? Mais pour un homme comme Chesterfield, qui voulait tout voir par lui-même, il y avait fort à faire. Il sut être juste sans faiblesse, populaire sans démagogie et préoccupé uniquement du bien général. " J'y arrivais ", écrivait-il plus tard, " déterminé à ne me priver du concours de personne, mais déterminé aussi à ne faire le jeu de personne. Quand les Papistes se mettaient hors la loi, j'avais grand soin de les y ramener. On a dit que ma douceur envers les Papistes n'avait amené aucun changement dans leurs sentiments religieux ou politiques. Ce n'est pas à cela que je prétendais et ce n'était pas une raison suffisante pour leur montrer de la cruauté... " Il sut gouverner ce peuple ardent avec une modération qui était le résultat de la force, non de la faiblesse, et en lui donnant sans cesse l'impression salutaire que " sa main serait aussi lourde que celle de Cromw^ell si on l'obligeait à la lever ". Il eut la clairvoyance de remarquer que la misère faisait plus pour la violence que la profondeur des convictions et que dans un pays où l'on veille à encourager l'agricul- ture, l'industrie et le commerce, les agitations politiques ou religieuses sont moins profondes. Grâce à cette sage administration qui est, avec la lieutenance du duc d'Or- mond, la meilleure qu'ait eue l'Irlande, cette île traversa la période difficile de 1745 à 1748 sans trouble et pres- qu'avec bonheur.

Georges II fut enfin forcé d'oublier ses rancunes et donna à Chesterfield les sceaux de secrétaire d'Etat. Il revint à Londres et se heurta de nouveau à la lourde puissance des Pelham, à l'hostilité bientôt renaissante du roi. Désappointé en mécontent, il donna sa démission en

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