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d'une section d infanterie 471

charge, mentons et baïonnettes en avant, bouches grand ouvertes, la sueur plaquée dans le sillon du nez. Le galop de la jument ne les distança pas. Et, tout à coup, un grand cri éclata, un hurlement féroce de carnassier en chasse et en pleine saoulerie de joie adolescente. La section attaquait le talus de la butte de tir ; des gencives béantes, émaillées de poussière sèche, sortit unanimement le cri de guerre des races conquérantes. Les reins se firent chats, les mains se firent singes ; l'un poussant l'autre, le faible accroché aux capotes des forts, plantant la crosse dans les ravinements de l'herbe, enfonçant de rage ivre leurs baïonnettes par le travers des mottes de terre rouge, développant leurs rangs pour les contracter aussitôt, les réservistes se hissèrent sans biaiser, au droit de la pente accore. En haut le lieutenant en silhouette maintenait avec peine, en poussant un éclat de rire prolongé et nerveux, sa jument qui dansait sous lui. Saisissant son sabre à pleine lame dans sa main gauche, il fit de l'autre, vers ses hommes, le geste largement ouvert qui apaise. La couture du gant laissa voir les plis qui partageaient la peau assez grasse de la paume.

Mais la section était lancée ; le terrain s'inclinait tout à coup sous la plante de leurs pieds comme un plancher de wagon sur une montagne russe. Us parvenaient au sommet arrondi de la butte.

— Halte !

cria le lieutenant.

— Halte !

reprirent les gradés essoufflés.

— Halte !

répétèrent les hommes en traînée de poudre.

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