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d'une section d infanterie 443

une fleur de colère, sur un mille et demi de maisons éparses. Et la pâte diffuse du département se trouva, de par leur volonté machinale et cauteleuse, traversée, ce jour-là, d'un mille et demi d'ordres impératifs, semblables à des fils d'acier ; à l'un des bouts ruaient individuelle- ment quinze cents ** vingt-trois jours " pourpres de colère et sacrant le nom de Dieu ; et un César tranquille à trois mille sept rassemblait à l'autre bout, dans sa main grasse de paperassier, le faisceau de ces obligations souveraines. L'homme libre sentit la première secousse de la coerci- tion.

Depuis ce matin de mai, les jours étaient passés les uns après les autres, épaississant les moissons et gonflant les feuillets des livres de caisse. Chacun d'eux avait entraîné son soin ; les desseins particuliers s'y étaient développés et nourris. Le feu avait détruit le bazar que l'assurance pleine de soupçons n'avait payé qu'à la suite d'un procès. Un gars et une fille s'étaient mariés après l'assemblée et la noce s'était fleurie d'acacia. L'homme triste avait attendu quarante jours, et, s'étant réveillé, le quarante-et- unième, sain, mordait maintenant en secret après la débauche, comme un vagabond plante ses dents dans un quignon de pain volé. Une grève avait éclaté chez les ouvriers du chef-lieu ; les patrons s'étaient divisés dans leur action, les plus acrimonieux avaient dû céder; ils accu- saient les plus honnêtes de trahison. Des débitevirs, plies sous les échéances, s'étaient redressés avec les gains de la bonne saison ; ils riaient en grelottant au souvenir des heures troubles, et respiraient à poumons ouverts l'air du printemps.

Des hommes et des femmes qui s'aimaient assouvissaient

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