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374 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

vinces wallonnes. On éprouve un étonnement toujours nouveau devant les listes de poètes patoisants dont aujourd'hui chaque province se glorifie. Chaque dialecte en comprend à peu de chose près autant que le français qui, remis à sa place, reprend ainsi son rôle modeste de patois d'Ile de France.

Il n'y a aucun mal à ce que des hommes que tourmente le besoin de versifier le fassent en la langue qui leur est fami- lière, plutôt que d'encombrer la librairie française de mornes devoirs d'écoliers. Mais il ne faudrait pas perdre de vue les conditions du problème. Le langue française est un instrument de précision qui demande une main experte. Les patoisants ont beau jeu : ils font de la sculpture à la hache et très vite ils atteignent les limites de leur art. M. Piérard dit avec plus de générosité que de justesse :

" De même que jadis, on eût pu écrire : François Villon, vagabond et poète, Robert Burns, laboureur et grand bucoU- que, de même nous avons la joie de pouvoir dire, à l'aube de ce siècle qui est gros de promesses : " Jules Mousseron, ouvrier mineur et poète ", comme aussi : " Stijn Streuvels, boulanger et conteur. " C'est que, peu à peu, on détrône la conception du littérateur industriel, du fabricant de romans ou de comédies à la Paul Bourget, marqué à son berceau du signe prophétique et qui fournit mécaniquement des trois- cinquante. Cette conception dangereuse, nous la devons au XIX* siècle. Et voici que d'humbles ouvriers, des manuels (horreur !) tirent de la lyre des accents insoupçonnés. "

On peut ne pas professer pour M. Bourget une admiration sans limite et croire cependant que son "industrie" s'est trouvée plus féconde que les improvisations que Jules Mous- seron et Stijn Streuvels " tirent de la lyre".

— Nous avons chance de trouver plus d'amusement aux transpositions qu'un autre wallon, Bosquétia composa des fables de La Fontaine. Nous y verrons le corbeau qui pour montrer sa belle voix

Lâche in couââc comme in coup d grisou

et l'histoire de Perrette se terminer par cette morale inatten- due:

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