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PAYSAGES DE LA TRENTIEME ANNEE 34I

C'est là tout ce qui reste de l'ancien port et de l'évêché de Sagone. Mais le flamboiement d'une ardente lumière enlève toute importance à ces menus incidents de l'histoire et du temps. Nous quittons enfin la mer, et cette gloire qui nous cor- rode les yeux. Voici la montagne, la verdure et la pluie. Entre ces deux hautes murailles de maquis, on est chez soi comme dans une chambre. Les parfums de feuilles et de branches, les parfums de plantes vernissées, deviennent plus pénétrants. Dans cet univers rétréci, ma violence s'apaise, mes convoitises s'endorment. D'une façon lointaine, et sans l'amertume coutumière, je songe à ceux qui, toute une vie durant, ne se laissèrent point distraire de l'essentiel et, dédaignant toute détente, tout délassement, ne se reposèrent que dans la mort. Durs héros dont cette terre qui n'a pas de plaines évoque le demi-dieu.

Je n'ai point trouvé dans l'île ce qu'y cherche le voyageur. Les légendes ne m'y paraissent pas essentielles et son pittoresque ne me touche guère. Mais j'y ai goûté un pathétique insoup- çonné qui n'est sans doute que le reflet du mien. — Est-ce à vous que j'offrirai le bouquet amer et parfumé que je cueillis durant ces jours de voyage .? A vous de qui seul les yeux avec les miens, ce soir de Cargèse, virent au pied de la vieille tour génoise tomber le jour ? Vos calmes regards

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