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PAYSAGES DE LA TRENTIÈME ANNÉE

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��plus clairsemés à la lisière du bosquet. Au fond de la cuvette, un morceau de Méditerranée parais- sait enclos de toute part. Entre ses eaux bleues et le cirque de montagnes s'arrondissait une petite î plaine couverte de jardins, d'arbres en fleurs, de I maisons claires. Juste au-dessous de moi la ville, Jaune, uniforme, s'avançait en éperon sur les flots, ^sa jetée recourbée autour de la flottille de torpil- leurs dont les fumées légères montaient à travers lies arbres.

Paysage animé, mes yeux ni mon cœur n'y [trouvèrent de point d'appui. Les choses se juxta- iposaient en une variété riante et n'avaient pas [besoin de moi. Où porter mon âme qui recom- mençait à s'inquiéter sourdement ? Je m'assis sous un grand eucalyptus. Autour de moi rôdait une |femme maigre, traînant sur un chevalet qu'elle ne )sait jamais que pour quelques minutes, un tableau où elle essayait de rendre, dans un bizarre [parti-pris de vert et de jaune, le site rose et azuré [qui s'étendait devant nous. Elle avait un sourire rde folle, et je sus plus tard qu'elle trimballait jainsi cette toile depuis des années. A sa vue, j'eus ^un brusque serrement de cœur. — Lorsque je redescendis, l'aube n'était déjà plus que le matin. Ce jardin est un fouillis de plantes odorantes 'et dures. Le chemin y monte, sablé, en lacets [réguliers. Un mur le borde, à droite ; à gauche il ^se perd dans un bosquet d'oliviers. Je l'arpente

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