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246 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

peu nombreux ; aucune d'entre elles n'est venue se ranger parmi ces oeuvres maîtresses qu'on n'aborde pas en simple curieux, et qui laissent un homme différent de ce qu'il était avant de les avoir connues. Mais l'Alsace fut un merveilleux point de rencontre de civilisation. Italie, Flandres, France, Allemagne y combinaient leurs influences. Le livre de M. Girodie donne une vive idée de ce que furent ces échanges et de l'activité internationale qui, pendant tout le Moyen Age, contribua à former en Alsace un esprit riche, particulier et peu différent de celui qui régnait dans les états des ducs de Bourgogne. J. S.

LE JARDIN DES TROPIQUES, par Daniel Thaly. (Edi- tion du Beffroi). LES ÉLÉMENTS, par 0. W. Milosz (Biblio- thèque de l'Occident).

Ces vers sont ceux d'un élève de José-Maria de Hérédia, et l'on peut aimer assez l'œuvre du maître pour se plaire à l'écho qu'on en retrouve dans ces sonnets exotiques. Citons celui qui l'intitule Les Presqu'îles sauvages :

Sous r épanouissement de fleurs et de feuillages Eclatants de cactus et de mancenilliers, Dans un fouillis de rocs, de ronces, de halliers S'ouvre la courbe d'or des presqu'îles des sauvages.

Sur les rochers ardents l'Atlantique désert Déroule avec fracas sa mugissante écume, Un bruit sourd de bélier sur une sourde enclume Rythme l'éclatement des lames dans l'élher,

Le sable a des éclairs de topaze et d'agathe ; Au large des récifs un vol lourd de frégate Plane dans le soleil du zénith aveuglant.

Et parfois, sur un roc perdu des promontoires, S'aperçoit le profil d'un vieux bouc au poil blanc Dressant dans la clarté de l'air ses cornes noires.

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