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842 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

origine gothique. Mais vis-tu jamais un Anglais qui eût l'air d'un Italien ? ou si oui, peux-tu dire que tu fis d'un tel homme ton ami ou ton confident ? Songe à cela, mon Edward, et tires-en pour toi la conclusion. Songe combien tu devrais hésiter à t'unir à une famille italienne par un lien éternel et sacré ? Je ne parle pas de la religion, la première chose peut-être dont j'aurais dû parler. Je me contente de te montrer le point de vue social : voudrais-tu faire partager tes secrets à des prêtres et à des moines ? Si non, voudrais-tu que ces intrus les partageassent avec ta femme ? Edward, sois le seul guide et le seul gardien de ta femme, le seul père de tes enfants, et sois certain que tu trouveras toujours un ami, même si tu n'es pas toujours disposé à prendre un conseiller en

ton affectionné, William Talboys.

M. Edward Talboys à M. Henri Beaconley.

{Florence...) Mon cher Beaconley

Mon sort est décidé. Par ce même courrier, j'ai demandé le consentement paternel à mon mariage.

Jamais on ne vit créature plus belle, plus remplie de modestie. Je la vis pour la première fois dans l'église del Carminé, où je vais de temps en temps passer une heure à contempler les fresques de Masaccio. Elle était age- nouillée devant l'autel qui est placé entre ces deux grandes œuvres. Il m'est impossible de penser à elle ou de parler d'elle en prose, et je souffre de ce qu'elle ne puisse com- prendre ce qui jaillit en vers de mon cœur.

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