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CHATEAUBRIAND ET l'aCADÉMIE EN 181I 80I

pouvait jamais qualifier considérations inactuelles celles qui touchent les rapports des hommes entre eux, et qui servent à l'analyse de l'individu. Car, bien qu'elle tende sans doute à la confusion des individualités dans l'association, l'espèce humaine en est encore, aujourd'hui, à leur séparation ; et ses philosophes se réjouissent du culte des héros — exaltation d'individus très marqués — qui en est un signe. Deux héros s'accommodent le plus souvent fort mal quand ils sont en contact. Nietzsche l'a montré à côté de Wagner, et nous avons le précieux document de l'amitié stellaire : " Nous sommes deux navires dont chacun a son but et sa voie... Ainsi donc nous voulons croire à notreamitié stellaire quand bien même il nous faudrait être ennemis sur la terre." Je ne lis jamais cela sans me souvenir de Maurice de Guérin quittant Lamen- nais et de la façon dont il l'inscrit dans son journal. Il ne faudrait pas conclure que Nietzsche ait méconnu ou plutôt méprisé l'amitié: "Un homme profond a besoin d'amis — à moins qu'il n'ait encore son Dieu ", ainsi en écrivait-il à sa sœur, mais dans la même lettre il disait aussi : " L'im- possibilité de se communiquer est en vérité la pire des solitudes, la différence de nature est un masque plus impénétrable que tout masque de fer ; or, c'est entre pairs seulement qu'il peut y avoir communication réelle, pleine, parfaite ! ** Rapportons à Napoléon. Si Napoléon avait été un

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