Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


PETITS DIALOGUES GRASSOIS 739

Il se dresse^ terrible. Le petit garçon, affolé, veut fuir ^ se heurte au chambranle, s'étale sur le carrelage du corridor. L'abbé le pousse doucement du pied vers la porte comme un paquet de linge sale. Le petit se relève et se sauve en hurlant. L'abbé rentre.

Monsieur de Chatel. — Qu'est-ce que cela veut dire ?

L'Abbé Pastorelli. — Rien que de bien niral. Les parents de ce jeune homme l'avaient envoyé ici pour savoir qui vous étiez et ce que je faisais avec vous. Ils le sauront dans cinq minutes et mon prestige en deviendra inattaquable... Quant à l'extrême-onction de mademoi- selle Gavoty, je crois que ce serait un peu prématuré. Cette jeune fille jouit de tous les privilèges de la santé ; je l'ai vue, il n'y a pas plus de trois quarts d'heure, arracher, avec tous les signes de la plus allègre énergie, les pommes de terre de son petit potager...

Madame de Chatel. — Est-ce que cette anecdote présente quelque rapport avec l'ensemble de votre séjour ici ?

L'Abbé Pastorelli. — Le rapport le plus étroit. Mais il faut remonter un peu haut.

Monsieur de Chatel. — Nous vous en prions.

L'Abbé Pastorelli, après avoir encore servi quelques liqueurs. — En sortant du séminaire, et après mon ordi- nation, je fus d'abord aumônier à Cannes, dans une sorte de couvent pour vieilles dames. Au lieu d'offrir en sacrifice à Dieu l'immense ennui qui résultait chez moi de la con- versation stupide et des confessions niaises et futiles de toutes ces femmes momifiées par une dévotion toute littérale, je pris cet ennui pour le signe d'une vocation plus élevée. Les

�� �