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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 723

VOUS bougez pas. " Parce que, si vous vous intéressez à ce qui se passe autour de vous, un peu d'énervement s'en mêle et rien n'est plus contraire à l'état d'esprit qu'il faut lorsqu'on se fait raser. Malgré vous, vos nerfs se tendent, votre peau se contracte, vos poils se hérissent, et qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse, alors, le pauvre coiffeur ? Si adroit qu'il soit, vous ne serez pas encore content ? Dé- tendez-vous, que diable ! Laissez-vous aller. Ecoutez-les comme s'ils se disputaient dans le lointain. Maurice. — Bien ! je suis vos conseils.

// écoute M. Bœuf et M. Truc comme à travers des distan- ces infinies. Ici, nous demanderons au lecteur le petit effort d'imaginer que le dialogue entre Maurice et M. Foucart et le dialogue entre M. Truc et M. Bœuf au lieu d'être successifs^ comme nous sommes obligés de les écrire^ sont parallèles^ rigoureusement parallèles.

Monsieur Foucart. — Ah ! je vois que vous me comprenez. Vous sentez bien vous-même comme ça va mieux, comme c'est plus souple et plus doux. Là ! je crois que maintenant votre peau est bien à point. D'après ce que j'ai cru deviner, vous faites partie de ces gens dont l'épiderme est fin avec une barbe rude et dure. Une barbe terrible parce qu'elle se couche sous le rasoir, lorsqu'on l'attaque, comme un épi, et qu'elle est creuse comme des tubulures de bicyclette, ce qui en augmente la résistance. Je n'ai connu que deux personnes qui possédaient une barbe pareille : mon pauvre père, qui avait fini par la laisser pousser, de désespoir, et un monsieiu- très bien, un diplomate, qui était venu prendre sa retraite à Grasse. Il se faisait raser deux fois par jour, le pauvre ! Un souvenir

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