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712 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

de Chatel. Je ne suis qu'une pauvre paysanne. {Elle se retire.)

Monsieur Guizol Père. — Eh ! que voulez-vous ? Cette madame Fouque, on en dit toujours le plus grand mal, et avec ça, il n'y a personne comme elle pour rendre service.

Monsieur de Chatel, bas^ à Maurice. — Imman- geable, n'est-ce pas, le pain provençal ?

Maurice, de même. — Avec de l'appétit, du courage, et des molaires bien construites, un honnête homme en vient toujours à bout.

Cesare Fanfulli, le facteur, apparaît à son tour. Sa casquette et sa boîte à lettres lui donnent Pair d^un paisible fonctionnaire de P Etat ; mais sa barbe hirsute, son sourire farouche dedans, son fusil en bandoulière, son carnier en font une sorte de brigand calabrais. Il extrait le courrier de sa boîte, cligne des yeux en le donnant à M. de Chatel, comme si c^ètait un jeu de cartes transparentes.) Une lettre pour vous, monsieur de Chatel, une lettre, hé !

Monsieur de Chatel. — Merci, Fanfulli, merci.

Cesare Fanfulli, nouveau clin d^œil accompagné de gestes de mystère. — Ce n'est pas tout.

Monsieur de Chatel. — Qu'y a-t-il encore ? Des imprimés ?... Donnez vite, je n'ai pas le temps.

Cesare Fanfulli. — J'ai pensé à vous, hé ! pour le petit déjeûner... d'autant que si vous comptiez sur M. Gentil pour vos provisions de viande, vous auriez peut- être des déceptions. Je l'ai rencontré sur le chemin du canal, qui faisait la connaissance d'une petite bergère... Et vous comprenez, dans ce cas-là, les affaires, il ne s'en soucie pas beaucoup... J'ai donc bien fait de penser à

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