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688 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

mois je n'ai pas cessé d'être dans un état de joie insolente. Je me sens fort, courageux, maître de moi-même. Et les vieilles sentimentalités qui débordaient dans mes lettres sont mortes à tout jamais. Je suis aimé d'ailleurs par une excellente femme, riche, bonne, pleine de qualités et qui me porte la tendresse la plus intelligente et la plus délicate. J'ai pour elle une grande affection, une grande estime, mais pas d'amour pour le moment. Je crois d'ailleurs que je n'en aurai jamais plus. Vraiment.

Côté tête. Je viens de terminer un roman qui s'appelle " Le Père Perdrix ". C'est l'histoire d'un vieux pauvre, en province, et je pense qu'il te plaira. Il doit paraître en avril à la " Grande Revue " et ensuite il sera édité à la " Revue Blanche ". Je ne sais pas s'il vaudra mieux le faire paraître en juin ou en octobre. Je me suis mis depuis huit jours à un autre roman que je te raconterai prochainement. J'en ai au moins pour un an.

Mon vieil Henri, voilà les nouvelles impor- tantes de ma vie. Si j'ai des ors et si un peu de liberté les accompagne : à Bruxelles ! à Bruxelles ! Je te ferai prendre des cuites et je te ramènerai le soir tout branlant à Miette : Le voilà votre époux! Il est propre ! Je rassemblerai tes deux fils, je leur tiendrai un discours : Voilà, mes enfants, à quoi conduit l'abus des boissons alcooliques. On com-

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