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��NOTES

��L'ENFANT DE L'AMOUR, par Henry Bataille (Porte Saint- Martin).

Il y a chez M. Bataille un rare don d'invention et, ce qui est plus précieux, un don d'émotion et de vivante sympathie pour les personnages qu'il représente. Et pourtant le public écoute l'Enfant de Famour avec un malaise évident. Pour- quoi ? Est-ce parce que l'amour d'un fils pour sa mère auquel celle-ci ne répond point nous remplit d'une pitié indignée et presque insupportable ? Le public a toléré des peintures d'é- goïsme maternel aussi cruelles que celle-ci. Il a permis à M. Bataille des scènes nerveusement bien plus pénibles que celles de l'Enfant de V Amour. Ni dans la Femme nue, ni dans la Vierge folle, ni dans le Scandale, l'égoïsme féroce ne baissait la voix ou n'épargnait ses victimes. Mais aucune de ces pièces ne présentait comme celle-ci le spectacle d'un admirable sujet tragique, décomposé, défiguré, par une présentation qui le désosse, jusqu'à y compromettre grandeur et beauté.

Quelle neuve et émouvante figure que celle de ce fils de femme amoureuse, négligé, relégué à l'ofiîce, incapable, par manque d'éducation, d'aucun travail ; avec cela tendre et avide d'affection et d'une timidité qui le fait s'approcher de sa mère comme le plus rebuté des soupirants. Mais que la mère soit malheureuse et que, dans son abandon, elle cherche réconfort et soutien auprès de son fils, le voilà qui ne songe plus qu'à elle ; il devient ingénieux, courageux et se démène si bien qu'il finit par rendre à sa mère l'homme dont elle est éprise. L'amoureuse désormais n'appartient plus qu'à son bonheur. Son fils est de nouveau inutile à sa vie et elle le laisse s'éloigner sans rien faire pour le retenir.

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