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52 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

comme les fleurs, celles qu'on cueille le matin se conser- vent le plus longtemps fraîches.

La bibliothèque de la Quartfourche est composée de deux pièces que sépare un simple rideau ; une, très exiguë et surexhaussée de trois marches, où travaille Monsieur Floche, à une table devant une fenêtre. Aucune vue ; des rameaux d'orme ou d'aulne viennent battre les carreaux ; sur la table, une antique lampe à réservoir, que coiffe un abat -jour de porcelaine vert ; sous la table, une énorme chancelière ; un petit poêle dans un coin ; dans l'autre coin, une seconde table chargée de lexiques ; entre deux, une armoire aménagée en cartonnier. La seconde pièce est vaste ; des livres tapissent le mur jusqu'au plafond ; deux fenêtres ; une grande table au milieu de la pièce.

— C'est ici que vous vous installerez, me dit Monsieur Floche ; — et, comme je me récriais :

— Non, non ; moi, je suis accoutumé au réduit ; à dire vrai, je m'y sens mieux ; il me semble que ma pensée s'y concentre. Occupez la grande table sans vergogne ; et, si vous y tenez, pour que nous ne nous dérangions pas, nous pourrons baisser le rideau.

— Oh ! pas pour moi, protestai-je ; jusqu'à présent, si pour travailler j'avais eu besoin de solitude, je ne....

— Eh bien ! reprit-il en m'interrompant, nous le laisserons donc relevé. J'aurai, pour ma part, grand plaisir à vous apercevoir du coin de l'oeil. (Et, de fait, les jours suivants, je ne levais point la tête de dessus mon travail sans rencontrer le regard du bonhomme, qui me souriait en hochant la tête, ou qui, vite, par crainte de

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