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554 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Comme il y a du monde sur les quais de la gare..

Dans un heure d'été béante et blanche, avant l'orage, au moment de stupeur où le feu du ciel prend à pleines mains l'orgueil des villes par tous ses dômes, comme on prend une tête chère, et les regarde avec langueur, n'as-tu jamais entendu monter d'entre les clameurs des hommes et des matières qu'on tourmente, une plainte anxieuse et lointaine ?

Je ne sais pas ce qu'on attend, dans la ville. Et le train crie aussi qu'il est triste que des hommes y demeurent, et triste aussi que d'autres, sans un regard, passent.. Tout y convoque les fantômes des aimés qu'on délaisse, des timides qu'on blesse et des faibles qu'on abandonne.. Là comme ailleurs, la vie dure., mais le bonheur, le bonheur.. Cherche- le sans orgueil, Gygès. — Où retrouver l'endroit charmant d'imprévu, presque tendre, qu'il vous semble avoir connu dans une autre lumière, et où il faudrait être dans le moment où l'on y pense ? Là sans doute il en est une qu'on ne fera jamais fleurir. Ils vivaient là, peut-être, les beaux yeux qui vous attendront toujours..

Comme cette avenue qui mène de la gare à la ville est longue. Un tramway à petit toit emporte sur un rail qui mène aux grilles d'un Fort, des ouvriers qui baissent leurs figures où l'ombre tient tant de place, et des femmes avec leurs paniers

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