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PETITS DIALOGUES GRASSOIS §0()

Un Silence. Entre en coup de vent, mais sans bruit, le bel Arsène, toujours comme sur des pattes de chat. Sa figure maigre et ardente de vieux matou prêt à toutes les aventures de la gouttière et du verger semble sourire de ses rides fines, de ses yeux sombres et étince- lants. Correct et minutieusement brossé, mais à la façon encore d^un chat, d^un chat qui aurait pris le temps de se bien lécher, après quelque bataille. Il s'insinue, s'installe au bout de la table, s'y pose plutôt. Un doigt sur la bouche et toute sa mimique signifient : " ^e vous en supplie, messieurs, continuez votre conver- sation. Je ne V écouterai même pas, s'il le faut. "

Monsieur Bœuf, au Cul-de-jatte du Cours. — Quel âge avait-elle, votre bonne de curé ?

Le Cul-de- Jatte du Cours. — L'âge canonique, qu'elle disait.

Joseph. — Qu'est-ce que c'est que ça ?

Le Cul-de-Jatte du Cours. — Ah ! je n'en sais rien par exemple, mais c'est un bien bel âge pour les femmes. Le meilleur moment, je crois. Tout ce qu'on veut, on l'obtient d'une femme qui a l'âge canonique, et ce qu'on n'a pas l'idée de lui demander, elle vous le propose... L'âge canonique r... Ah ! bougre !...

Le bel Arsène. — Tout ce que vous voudrez, l'âge canonique, oui. Je ne vous dis pas. Ça peut avoir des charmes. Mais une belle petite, là, de seize ans,., ou de quinze ans,., comme il y en a ici... potelée, ferme sous la main, un peu élastique et... je m'entends... eh bien ! je crois qu'on ne peut pas trouver mieux. C'est un produit du pays, comme la petite olive noire et le jasmin blanc... Mais ça suffit bien. Moi, je ne suis pas pour l'exportation.

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