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PETITS DIALOGUES GRASSOIS 493

la corne d^ appel de V omnibus déchire la tranquillité du matin. " C'est la dernière fois ! " crie Maurice^ qui se précipite. Il méprise les chemins battus, et même les sentiers non battus, et suit une ligne droite Jusqu'à son but. Un bond, et il est devant la maison de madame Cresp-Pois-Rouge la vendeuse de figues. Un autre bond, et il s'enfonce " au mitan " d'une plantation de narcisses qui ne s'en relèveront pas. Un troisième bond le pose en face de madame Richard, la blanchisseuse, qui prend " /<? bon de l'air" devant son habitation, laquelle présente une façade peinte à la fresque des sujets les plus variés : une femme à sa fenêtre incendiée, ouvrant des bras tragiques, tandis que de la fenêtre voisine émerge, poussé par un semblable effroi, un petit chien ressemblant à un cheval blanc; des médailles romaines, des fragments de frise pompéienne, des amphores, d€S statues mutilées, des lézardes en trompe-l'œil.

Madame Richard. — Eh ! mon Dieu, comme vous êtes pressé. On a toujours le temps.

Maurice. — Pas toujours, madame. {Un quatrième bond le jette sain et sauf sur la plate-fotme de P omnibus qui ne s^est pas arrêté, à vingt-cinq millimètres du cor de la demoiselle contrôleuse). Ouf ! J*ai bien gagné une bastos.

// s'assied dans un coin, fume, regarde le paysage, la route bordée de fleurs. Une demi-heure découle. On est arrivé. Maurice descend.

Les arapèdes ne sont pas qu'un prétexte ; elles le pous- sèrent bien un peu au voyage. Mais ce qui l'attire le plus, ce sont les vieilles rues de la ville, et les gens bizarres qu'on y rencontre. Il va, au hasard. Sa première visite est pour madame Toesca-Sardou.

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