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LE LIVRE DE l'aMOUR 4II

comme la gloire sur une tête d'enfant. Personne ne travaille plus. Une plume de pigeon, qui atten- dait au bord de la toiture, monte lentement, portée par une subtile haleine que ne peuvent sentir les hommes. Puis la cour s'emplit d'ombre bleue, et il y a, autour de la margelle pensive, une si pure, une si tremblante, une si mélancolique gravité, qu'on a la gorge lourde de larmes et de bonheur. . ,

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A cause de tes calmes genoux qui dérangent lentement les roses ;

à cause de tes tristesses, dont les moindres sont toujours comme pour le deuil d'un frère, et de tes joies brûlantes, pareilles à un jour d'été dans le lourd vent du sud.

A cause des regrets obscurs qui ne cessent pas de rôder dans tes yeux ;

à cause des désirs qui te montent au cœur et que tu ne sens pas même, comme le voyageur qui ne sent pas le soleil derrière lui avant d'en être fatigué ;

et à cause de cet exilé que nous vîmes jadis à Florence, qui tous les soirs, les bras croisés sur son manteau jaune, regardait derrière la ville le coucher du soleil.

A cause de tes gestes paisibles et de ton âme qui ne l'est pas ;

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