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d'après trois estampes 383

côté, toi tu marchais modestement, en petite col- lerette et coiffé ras, dans un chemin de buis ; la bêche et le râteau étaient tes seules armes ; de combats tu ne livrais qu'à la terre opiniâtre. La rude maîtresse, que tu t'étais donnée là, mon maître ! Tantôt chaude à l'été comme une déesse lascive, l'hiver elle était glacée sous tes pas ; au printemps, du feston des fleurs tu parais son sein nu ; à l'automne, ainsi qu'une bacchante, elle ré- pandait partout une teinte vermeille. Mais, qu'elle fût froide ou ardente, sans voile ou parée, toi toujours tu l'aimais !

D'abord, à force de vivre près des champs, dans les vergers et les vignobles, d'habiter sous un chaume de ferme, de te lever au chant du coq, tu devins sobre et frugal, bon aux autres et réservé avec toi-même. Oh 1 le sentiment délec- table que tu acquis des choses, l'habitude que tu contractas d'obéir à l'égal et doux rythme des heures, au calendrier toujours le même de la nature !

A tes parents, tes amis et tes serviteurs tu ne parlas bientôt plus que par sentences et selon que t'enseignait la sagesse. " Que chacun, disais-tu, fasse sa charge sans bruit, vivant honnêtement " ; " Hésiode, Caton, Varron, Columelle et autres anciens auteurs de rustication, tu liras toujours ";

    • de nèfles et de châtaignes tu feras cueillette à

l'automne " ; " avant la Saint-Martin tu rentreras

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