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LETTRES DE CHARLES-LOUIS PHILIPPE 355

— La deuxième partie parlera de la première séparation, alors qu'on m'a envoyé au lycée. J'étais comme une poire pas encore mûre et que l'on cueille trop vite et qui mûrira mal dans le cellier. Souffrances.

— La troisième partie parlera de ma vie, main- tenant que je suis un homme et que je dois me créer une famille. Je suis une poire mûre.

Je te quitte, mon ami bien aimé. Cette lettre a été faite trop rapidement, au bureau. Je vais la remettre à un vieux piéton à lunettes qui la jettera à la boîte d'où, prenant le chemin de Bruxelles elle ira te rappeler que je t'aime par dessus toutes choses et que je souhaite que tu m'écrives bientôt

Louis

XLIII

Vendredi, 1 1 juin. Mon ami bien aimé, il y a au ciel une lune belle et douce comme un visage penché, l'air est vaporeux, fondant et bleu comme l'Amour. Par delà une caserne, j'aperçois dans l'espace, Notre- Dame, emmitouffîée de vapeurs, et je ne vois par derrière la caserne qu'elle et le ciel. Il me semble qu'il y a un monde matériel et laid, du côté de ma chambre, et de l'autre côté de la caserne un monde imprécis et doux dont Notre-Dame est la grosse

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