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2 82 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

convives. Par malheur il arriva que ce jour-là l'abbé Santal était convié à déjeûner par le doyen de Pont- l'Evéque ; vers onze heures il vint prendre congé de M. Floche et de moi qui ne m'avisai pas aussitôt qu'il me soiifflait ainsi cheval et carriole.

Au déjeûner je jouai donc la petite comédie que j'avais préméditée :

— Allons bon ! Quel ennui !... murmurai-je en ouvrant une des enveloppes que m'avait tendues Madame Floche; et comme, par discrétion, aucun de mes hôtes ne relevait mon exclamation, je repris de plus belle : — Quel contre- temps ! en jouant la surprise et la déconvenue tandis que mes yeux parcouraient un anodin billet. Enfin Madame Floche se hasarda à me demander d'une voix timide :

— Quelque fâcheuse nouvelle, cher Monsieur ?

— Oh ! rien de très grave, répondis-je aussitôt. Mais hélas ! je vois qu'il va me falloir rentrer à Paris sans retard et de là vient ma contrariété.

D'un bout à l'autre de la table la stupeur fut générale, dépassant mon attente au point que je me sentis rougir de confusion. Cette stupeur se traduisit d'abord par un morne silence, puis enfin Monsieur Floche, d'une voix un peu tremblante :

— Est-il vraiment possible, cher jeune ami ? Mais votre travail ! Mais notre...

Il ne put achever. Je ne trouvais rien à répondre, rien à dire, et, ma foi me sentais passablement ému moi-même. Mes yeux se fixaient sur le sommet de la tête de Casimir qui, le nez dans son assiette coupait une pomme en petits morceaux. Mademoiselle Verdure était devenue pourpre d'indignation.

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