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274 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

qui vécut en jeune roué, en parasite social, qui fut un scandale pour le monde entier, et qui trouva moyen cependant " d'être un honneur pour son pays et pour sa race ", d'être le seul poète enfin, qui ramena, au XIX^ siècle, les sympathies de l'Europe intellectuelle vers l'Angleterre. Sans doute Byron attend encore sa sépulture à Westminster, mais déjà le bourgeois anglais a oublié ce qu'il appellerait " les frasques " du poète ; il lui a donné cette couche de respectabilité qu'il passe sur toutes les gloires nationales. Il est illustre, c'est donc qu'il a beaucoup travaillé et qu'il a été bien sage ; vous ne ferez pas sortir de là les bonnes demoiselles qui donnent des leçons au cachet. Henley a plaisir à rappeler les frasques de ce modèle de la jeunesse, et il fait revivre le milieu corrompu et quelque peu brutal qui fut celui du

  • ' wicked Lord B. " Il a raison aussi d'insister sur

les maîtres d'armes et les célébrités du Prize Ring. Avec de tels sentiments, on ne s'étonne pas qu'il prenne fait et cause contre Lady Byron dans la grande querelle. Il traite la pauvre Pippin d' " incarnation de cette vertu nationale : la res- pectabilité ", et juge sévèrement ses demi-confi- dences et ses calomnies. En Angleterre, dit-il, nous la supportons, " mais en France, et dans les pays où l'on en juge mieux que chez nous, Lady Byron a fait beaucoup pour rendre l'opinion con- tinentale défavorable aux Anglaises ".

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