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L EXEMPLE DE RACINE I79

elle en conscience ce qu'elle aura perdu en aveu- glement traditionnel.

Que ne m'est-il permis de considérer l'oeuvre et l'artiste en oubliant tout ce que l'on connaît ou croit connaître de l'homme ! Outre que l'attitude est passée de mode, depuis Taine et dès avant lui, cette dissociation, en d'autres cas aisée, présente en celui-ci les plus graves difficultés. Je n'ai pas l'in- tention de suivre M. Masson-Forestier dans son étude curieuse, passionnante même, de la vie de Racine ^ : elle est nourrie de faits nouveaux ; elle fourmille de vues ingénieuses et plausibles ; mais nombreuses s'y trouvent aussi les lacunes ; nom- breuses les hypothèses gratuites et jusqu'à nouvel ordre invérifiables... Aussi bien n'est-ce pas le lieu de les discuter. — Je ne puis cependant tabler sur la seule chronologie des ouvrages, et m'enfer- mant dans un a-priorisme absolu, passer sous silence le fait capital, fait peut-être unique dans l'histoire des lettres, qui brise en deux la ligne de vie et de production du poète : après douze ans d'une fécondité admirablement régulière, ce brus- que renoncement au théâtre, qui, selon Louis Racine, coïnciderait avec une subite conversion. Péripétie sans importance, s'il était avéré, re- connu généralement, que, là précisément, finit Racine, et que les tragédies sacrées forment non

' Autour d'un Racine ignor/ {M.ercurc de France).

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