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l6o LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

��LE MAUVAIS GRAIN et l'AMOUR DE KESA au Théâtre de l'Œuvre.

Dans l'animation théâtrale de la saison commençante, M. Lugné-Poe a tenu à ne pas demeurer en reste et il faut lui savoir gré de ses deux premières initiatives ; il a donné l'occa- sion à M"* Suzanne Després et à M. de Max de deux créations admirablement et singulièrement plastiques ; il a rappelle l'atten- tion sur une des pièces les plus courtes mais aussi les plus ache- vées de M. de Faramond, qui n'avait jamais été entendue qu'au théâtre du Peuple de Belleville, voici quelque dix ans, et depuis, à Aulnay-sous-Bois : le Mauvais Grain.

��Parlons d'abord du " spectacle, " de l'Amour de Késa, Ce n'est pas pour diminuer l'apport de M. Robert d'Humières, qui d'une tragédie japonaise, peu littéraire peut-être, a fait un bibelot de lyrisme pittoresque, curieux et ciselé en bon français. Mais nos regards ne pouvaient pas n'être pas plus sollicités que nos oreilles. Nous songions tous à la Késa du théâtre Sada Yacco, merveilleuse estampe animée dont nous ne comprenions pas les paroles, à ce suprême ravissement qui était le fait de la mimique et de la couleur seules. Nous ouvrions donc les yeux, ne nous efforçant que de comparer la nouvelle estampe avec l'ancienne; aussi les paroles souvent charmantes nous apportaient, au lieu des clartés attendues, comme une inutile distraction. Pour la goûter nous relirons un jour la pièce : occupons-nous aujourd'hui du tableau. — Un décor très heureux, très harmonieux, mai s moins simple et moins rare que l'authentique décor japonais ; des costumes de grand caractère et de couleurs violentes et subtiles, mais insuffisam- ment harmonisés entre eux; une tentative de rythme concordant

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