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��NOTES

��La première matinée d'Avant-Garde au Théâtre de l'OdÉon : LES AFFRANCHIS, par M"« Marie Lenéru.

A propos des Affranchis, des critiques très distingués ont prononcé le mot un peu galvaudé de chef-d'œuvre. Tout en marquant la distance qui sépare une telle œuvre de tout ce que nous avons accoutumé d'entendre sur nos scènes, je ne saurais accorder blanc-seing aussi catégorique à la belle pièce de M"' Marie Lenéru. Chef-d'œuvre de dialectique ? peut-être, encore que le développement des idées oscille, revienne sur lui-même, marche un peu tortueusement vers son but. Chef-d'œuvre dramatique ? non point, encore que cer- taines scènes (presque toutes celles du second acte, mais successivement) se classent parmi les plus belles que nous connaissions au théâtre et rendent la profonde sonorité des créations de grand style. Ce qui se dément le moins, disons-le tout de suite, c'est la fermeté du langage, bien que l'emploi d'un vocabulaire philosophique prête trop souvent aux répli- ques et aux tirades une autorité factice et qui ne laisse pas de nous gêner. Veut-on juger par comparaison de la qualité de ce style ? celui de M. de Curel si plein et si serré pourtant semble à côté de lui hésitant et frivole.

Il s'agit d'une pièce d'idées, jouée au naturel, vécue, par des idéologues, des philosophes : ni plus ni moins que le drame critique du " nietzschéisme". Sans doute n'est-ce pas le lieu de formuler une opinion, qui ne serait que personnelle, sur l'avenir et les nécessités du drame. Cependant je puis avouer

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