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126 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

dire, vous comprenez, à cause des relations que vous sembliez avoir avec lui... S'il faut parler franchement, je ne cacherai pas qu'il y avait en sa contenance quelque chose de renfermé, de clandestin qui encourageait le soupçon... Cette façon aussi qu'il avait de tenir les gens à distance, ne paraissait guère rassurante... On y sentait comme une sorte d'arrière-pensée qui donnait à réfléchir... Je pense que c'est là la raison qui nous a toujours empê- chés de faire quoi que ce soit pour nous rapprocher de lui. '*

" Le flair de l'honnête homme ! fit Isabelle. Il ne vous a pas trompé... "

Pour rompre la contrainte qui pesait sur eux, les jeunes gens se hâtèrent de sourire. " Très juste ! Madame ! " cria de loin un petit blond, mais sous le regard brûlant que l'Ombrageuse attachait sur lui, il baissa les yeux en rougissant. Encouragé par le succès, et se sentant dans la bonne voie. Chariot d'ailleurs tenait à ne point lâcher la parole. " Riez à votre aise, reprit-il plaisamment, si tout le monde avait pensé comme moi, je crois que personne ne le regretterait à présent. Et puis, tout chez lui n'était-il pas inquiétant ? Je vous accorde qu'on ne lui courait pas après, mais qu'a-t-il fait pour sortir de ce majestueux isolement... On eût juré qu'il avait quelque chose à cacher. . . Parbleu ! Nous devinons maintenant de quoi il retournait. Il savait bien qu'un jour devait venir où on ne lui saurait guère gré de ses fami- liarités... Enfin, je vous le demande, que penser de bon d'un homme à qui jamais on n'a connu de femme... '* Et, jetant un coup d'oeil galant à Boboli et Isabelle : " Ce n'étaient pourtant pas les occasions de s'enflammer à propos qui lui manquaient... "

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