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802 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

prophète cosmique même, il est pour nous comme une façon de savant ; qu'a-t-il à faire avec les passions humaines? On lira malgré tout Au temps de la comète avec agrément : le jeu purement cérébral y tient encore la plus large place. Mais que l'on n'oublie pas de le prendre bien comme un jeu, au même titre que Y Ile du Docteur Moreau ou que la Guerre des Mondes.

H. G.

��LES PAYSAGES DE M. ALBERT MARQUET {Galerie Druet).

Et quoi ? après l'école de 1830, après Corot, après Jongkind, après les impressionnistes, après les néo-impressionnistes, après Cézanne, après un siècle de suprématie et de débauche, l'art du paysage sur nature, exécration du maître Degas, n'aurait pas dit son dernier mot, ne serait pas, du moins provisoire- ment, épuisé ? Loué soit M. Marquet, entre tous les paysagistes d'aujourd'hui, qui nous donne depuis dix ans cette surprise, cette joie.

Bien qu'il semble ne devoir rien aux maîtres qui l'ont précédé, on éprouve devant ses œuvres le même sentiment de sécurité que devant des œuvres anciennes, déjà classées. J'en crois tenir la raison principale, c'est que, contrairement à beaucoup d'autres, ce paysagiste dessine. Qu'il sache dessiner et con- struire, deux nus nettement et nerveusement inscrits en font foi, qui ne sont pas le moindre attrait de l'exposition présente; ils se tiennent droit sur leur base, ils ont leur place précise dans l'atmosphère où ils baignent. A un acquit si précieux, dû exclusivement j'imagine à l'étude de la figure, M. Marquet aura le bon sens de ne point renoncer, sous prétexte décoratif, quand il évoquera un paysage. Perspective linéaire, perspective aérienne, il ne peindra rien que de parfaitement établi d'abord, que sur un dessin strict, en profondeur. Il est de mode de rire du trompe-l'œil : quand l'artiste n'a pas d'autre but, c'est chose médiocre, détestable ; quand l'illusion s'ajoute à la con- ception harmonique du tableau, définie par Maurice Denis

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