Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


698 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

failli devenir délicieuse \ à cette époque où Nietz- sche contemple "un spectacle si significatif, et en même temps si merveilleusement paradoxal, que toutes les divinités de l'Olympe auraient eu l'oc- casion d'un immortel éclat de rire ".

A ce moment, moment unique où l'Eglise sem- blait enfin se dissoudre, surgit Luther. Je laisse parler le prince Vitale :

Dans cette rencontre, (l'Eglise) semblable à un général dont l'armée occupait un front trop étendu, et qui, aban- donnant à regret des positions impossibles à défendre, ramasse toutes ses troupes dans un lieu fort, on la vit laisser en proie à l'ennemi qui la menaçait, toutes ses récentes conquêtes, encore mal affermies, et se vouer tout entière à la défense de son antique héritage. Par le concile de Trente, elle réduit sa doctrine au vieux dogme tra- ditionnel.

Même attitude avec le "modernisme" d'au- jourd'hui

dégagée de toute alliance avec la philosophie et de ces lumières nouvelles qu'elle avait puisées dans l'anti- quité rajeunie, elle renonce à ces agrandissements dont elle faisait gloire, elle se renferme et se retranche dans sa vieille enceinte, où elle est sûre que l'ennemi ne pourra la forcer. En même temps, par l'institution des Jésuites, elle rétablit la discipline dans sa propre armée, dont les mutineries l'effrayent, elle combat la licence des opinions et fait rentrer dans le devoir ces intelligences hasardeuses qui, se réclamant d'elle, la compromettent par leurs aventures.

�� �