Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


6 14 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Catholique Française, qui a versé " telle goutte de sang " pour lui, Pascal.

C'est ainsi que Pascal retrouve les sources d'eau vive qui ne l'avaient abandonné (Dereli- querunt me fontes aquae vivae) 1 que parce que sa pensée s'était répandue à travers les sciences et à travers le monde. Il reprend le fil de la tradition religieuse. C'est seulement en consentant de se limiter par la règle de l'Eglise que Pascal assure l'épanouissement immortel de son cœur. " Eternel- lement en joie pour un jour d'exercice sur la terre ".

Au fond, la pensée de Barrés c'est que la solu- tion proposée par Pascal ne vaut que pour des esprits d'une formation analogue à la sienne. On ne peut comprendre Pascal que si on a été élevé dans les rites et les pompes de l'Eglise Catho- lique. Comme Barrés, Pascal s'est aperçu de la faiblesse de la raison. Il a réhabilité les droits de la sensibilité, comme les romantiques ; mais il a com- pris aussi que, seule, une discipline sévère assure l'équilibre de cette sensibilité. Et la discipline qui lui convient est précisément celle où il est prédestiné par l'éducation qui l'a nourri. De là vient l'importance que Pascal attache à la coutume. Les Pensées, au bout du compte, sont l'œuvre d'un savant qui accepte d'être de son Eglise et de son pays. On connaît des œuvres qui sont, contre les

1 Ibid.

�� �