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��544 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

rang le plus éminent.... Le cycle semblait parcouru et si Moréas ne songeait pas encore au repos, nous savions qu'il avait eu le temps de dire tout ce qu'il nous importait le plus d'apprendre de lui.

Les plus heureux lecteurs de Moréas furei ceux qui découvrirent son œuvre vers le miliei de sa carrière, à l'époque à'Erypkile ou d'Enont moment riche et complexe où la beauté dense d< dernières œuvres du poète n'a pas encore excli l'ingénieuse témérité des premières. Celles- n'avaient pas laissé de décourager plusieurs de ceux qui les abordaient sans préparation ; les subtiles recherches qui en font le charme pou- vaient paraître laborieuses et les accidents de l'har- monie semblaient, à des oreilles non exercées, plus singuliers qu'agréables. D'autre part les tardifs admirateurs qui vont, aujourd'hui, droit aux poèmes les plus achevés, aux Stances, s'exposent à n'en pas découvrir les richesses cachées, à en prendre le raccourci pour de la sécheresse et la coupe uni- forme pour un manque d'invention — un peu, toutes proportions gardées, comme on risquerait les plus sottes méprises en abordant Racine à travers Athalie.

Pourtant lorsqu'on considère, dans leur ordre chronologique, les six ou huit volumes qu'a laissés Moréas, on y surprend une évolution d'un intérêt

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