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NOTES 523

LES MARCHES DE L'OCCIDENT: Venise, Grenade, par Adrien Mithouard.

Pour ceux qui se résignent mal à considérer la France comme un pays latin, la théorie de l'Occident que propose M. Adrien Mithouard a l'ampleur d'une délivrance quand on la rapproche du nationalisme un peu strict de M. Maurice Barrés. Il nous plaît qu'en fait celui-ci garde la frontière de l'Est par la revendication de ses beaux livres lorrains. Mais la Germanie est aussi l'Occident et le Heu géométrioue des peuples d'Occident, certes, francs et latins c'est notre France. Point de France sans l'appel de ses portes ouvertes à tous les peuples voisins. Et je ne vois pas pour ma part qu'elle ait à craindre l'apport même de l'Orient. Le délire bouddhique de Tristan et Ysolde, le parfum étrange des mélopées russes, vous savez comment un musicien français les épure et les transforme. Rejetterons-nous le Japon, et l'absolu de son art ?...

Aujourd'hui M. Adrien Mithouard nous conduit là même où nous avons déjà suivi M. Maurice Barrés, à Venise et à Grenade. Qui dira l'obscur levain de romantisme qui fermente dans l'esprit des plus délibérément occidentaux, français, classiques, de nos écrivains ! N'est-ce point là que réside leur valeur propre ? Et tout art ne comporte-t-il pas précisément ce dualisme ? Je ne sais si je ne préfère pas les essais de M. Mithouard quand un lyrisme assez voisin de celui de Barrés les réchauffe. L'exposé ancien, un peu austère, de ses théories a pu le faire prendre pour un esprit froid. Bien à tort. Ici, à Venise, il n'est qu'or, que pourpres et que reflets. En vérité il se sent délivré de l'ombre de ses cathédrales et il se grise de ce qu'il interdit d'autre part.

On lira avec intérêt comment " la peinture en soi " naquit à Venise, d'une architecture polychrome et sans solidité... Oui vraiment, là, l'Orient règne, et l'Orient exaspéré... par l'Occident. L'Occident le reçoit avec surprise, enthousiasme, folie, ainsi qu'il reçoit le soleil, et par jeu il l'attire, il l' exagère, le pousse à bout : d'où, la peinture.

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