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��49° LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

c'était, pour lui, l'exclusion du tableau d'honneur, une retenue, — et enfin la perte du Prix d'Excellence, et la ruine de sa carrière scolaire ! Non, ce n'était pas possible ! Il se ressaisit ; il fallait agir.

Il appartenait à une grande génération, qui devait laisser, à ceux qui étaient maintenant dans les classes enfantines, le souvenir d'une audace et d'une virilité insurpassables. Ce qu'il allait faire égalerait son nom aux noms des deux Iturria, des Ortegas, aux noms des plus fameux représen- tants de cette fameuse génération. Ou bien, s'il ne réussis- sait pas, il serait regardé par tous comme un traître, mis en quarantaine, — non, il serait renvoyé du collège, tout simplement. Il ne songea pas un instant qu'il allait peut- être ruiner la carrière de M. Lebrun, le faire congédier par l'administration. Il fît passer ce mot d'ordre :

— Continuez le chahut ; je vais chercher le Préfet des Etudes.

Puis, il sortit sans daigner relever le sarcasme que lui lançait le surveillant à bout de patience :

— Vous n'attendez pas qu'on vous mette à la porte, n'est-ce pas ? Vous y allez de vous-même ; vous en avez l'habitude. "

Léniot traversa la cour, le parc, et sonna à la porte du chalet où vivait le Préfet des Etudes avec sa famille. Admis en la présence de l'autorité suprême du Collège, il raconta ce qui se passait dans l'étude du nouveau surveil- lant. C'était une étude sérieuse, d'ordinaire ; on n'avait jamais eu à s'en plaindre. M. Lebrun était seul la cause du désordre.

M. le Préfet des Etudes écouta gravement le plaidoyer de Joanny. Cette démarche était extraordinaire. Celui

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