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CÉZANNE 367

signalent pas l'impuissance d'une main trop fruste et trop mal exercée pour suivre avec précision le contour des objets, mais uniquement le scrupule d'une patience occupée sans cesse à modérer les écarts d'une dextérité trop frémissante.

Jamais rien pour le spectateur. Cézanne n'invite pas le regard ; il ne fait pas signe ; il ne s'adresse pas ; il peint en solitude et ne se soucie pas qu'on s'intéresse aux images qu'il fabrique dans la peine et dans l'adoration. Il n'a affaire qu'aux choses et n'a d'autre inquiétude que de les dire comme il faut. D'elles son amour est si violent qu'il tremble de respect ; il est frappé de vénération devant elles, et c'est tenu par une modestie brûlante qu'il travaille à les représenter. — De là cette sévérité si émouvante : sévérité que répand sur tout ce qu'il touche l'amour. Ces toiles ont une ampleur serrée. On sent qu'elles ont été peintes dans une bondis- sante immobilité et d'une âme que l'excès de son transport rendait timide.

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��Dans un paysage de Cézanne on remarque d'abord la verticalité ; le tableau pèse vers le bas ; chaque chose est descendue à sa place ; elle y a été déposée avec soin ; elle occupe son alvéole ; elle embrasse de toute sa force sa situation. Cézanne avait l'amour de la localité, il comprenait avec quelle ferveur les objets adhèrent à l'endroit qui leur est

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