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��CEZANNE

��Cézanne notait pas le maladroit sublime que tend à nous représenter une certaine légende. Les quelques aquarelles, que nous avons trouvées ici exposées, révèlent au contraire une habileté si vertigineuse que seule peut-être l'égale la virtuosité des Japonais : sur la feuille blanche toute l'ossature d'un paysage s'indique par quelques touches colo- rées d'une exactitude telle qu'elle fait parler les vides intermédiaires, arrache au silence de chacun une signification. — Quand Cézanne peint à l'huile, sa main tressaille de la même adresse, mais il la contient : il se méfie ; il redoute de se substituer à sa sincérité ; il impose à son pinceau une lenteur fidèle. L'application le possède comme une passion: il se penche dévotement, il se tait pour mieux voir ; il emprisonne la forme qu'il copie dans le cercle de son attention ; et comme elle bouge, il respire mal tant qu'il ne l'a pas captée. A chaque instant le trait veut bondir, s'abandonner à son élan. Mais Cézanne le ramène avec entêtement, l'oblige à se maintenir acharné. Ainsi, si l'on croit voir en cette peinture des hésitations, elles ne

1 A propos de l'exposition à la Galerie Bernheim.

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