Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


LA MÈRE ET l'eNFANT 165

taine où est mort votre camarade le petit Auguste: " Je pensais que dans la fontaine habite un ours, le petit Auguste est tombé, Fours Fa mangé. Dieu met la mort dans une fontaine pour attirer le petit enfant" Mais vos livres n'engloutissent pas le petit garçon que vous étiez et qui s'y est précipité. Vous leur avez mis un cœur qui bat, une voix qui s'arrête et repart, un visage et des membres avec lesquels nous saisissons la vie et nous nous fatiguons. Je voudrais raconter F histoire de votre mire et de son enfant malade, je ne Pose pas, car on ne peut transposer ce que vous avez dit, pas plus qu'on ne fait voyager un village avec son ciel, ses espérances et sa peine, et ses pauvres habitants qui semblent plantés dans le sol ou incrustés dans la mu- raille. Je sais qu'il y a dans ce petit livre des stations de clarté où F enfant de deux ans est assis h midi sur la pelouse de la création du monde, prés d'Eve humble et heureuse qui range le modeste paradis, et d' Adam innocent qui creuse des souliers de bois. Et tout a la mobilité, la chaleur et F épaisseur d'un être humain que l'on entoure de ses bras. Vous êtes au bas de votre mère splendide, qui distribue la vie comme une mon- tagne dont les torrents, les vignobles et les troupeaux descendent dans la vallée.

Cinquante pages de ce livre forment un très grand bonheur, mais qui va cesser. La maladie s'est collée au petit enfant, plus près que n'est sa mère, que ne sont les regards, les douces voix et les mouvements de l'air autour d'un visage. Elle s'est installée tout contre lut

�� �