Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


9^4 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

choisi la rigueur concise du sonnet ; dramaturge, la pièce en un acte. Con- teur il a trouvé dans la Nouvelle une forme adéquate à son attitude coutu- mière de rétraction.

et plus loin :

Marquons un autre motif qui a cantonné Mérimée dans l'art de la nou- velle. Le romancier, se voulût-il comme Flaubert absolument objectif et indifTérent, ne peut pas éviter l'indication des causes... Le romancier ressemble au botaniste qui vous montre, avec son terreau et ses racines, la plante dont le nouvelliste cueille une fleur pour vous la présenter isolée. Ces racines, le botaniste les voit. Il les touche. Le romancier, lui, ne peut que les supposer. Indiquer des causes, c'est toujours formuler une hypothèse, quand il s'agit des actions humaines. Par suite, c'est prendre parti, c'est, implicitement ou explicitement, conclure, donc juger. Aucun romancier n'a jamais échappé à cette loi du genre. Flaubert, pour citer de nouveau ce doctrinaire de l'impassibilité, juge M'"" Bovary, quoi qu'il en ait. Il juge Frédéric Moreau. Il juge Bouvard et Pécuchet. Q.uand il disait à Maxime du Camp, après la guerre de 1870 et la Commune : « Tout cela ne serait pas arrivé, si on avait compris l'Éducation sentimentale, » il ne proférait pas, comme l'a cru son ami, une phrase ambitieuse d'illuminé littéraire. Il avouait tout haut qu'il avait entendu faire dans ce livre un diagnostic social.

Mais s'il est vrai que le roman traite naturellement des causes, la tentation aurait fort bien pu venir à Mérimée de jouer la difficulté et composer un roman sans causes ; exerçant ainsi dans les conditions qui pouvaient le mieux le mettre en valeur ce contrôle intérieur, auquel il se plaisait. Telle est la faiblesse de toute explication psy- chologique : elle peut avoir été tournée. — Ou si le romancier encore évite de juger :

��h

��*

  • *

��GIDE, DOSTOIEWSKY

Suarès écrit de Dostoïewsky, dans Les Ecrits Nouveaux (sep- tembre) : i

La vraie vertu de l'homme, comme de l'artiste, est de se rendre objet, .

et d'être objet le plus possible : enfin d'être pour lui en lui, comme il j est lui-même. Compatir n'est plus, alors, cette vague mollesse d'une

charité qui ne distingue rien, où il y a bien moins d'amour que d'aban- i

don*. Compatir consiste à communier dans la vie. Qju'est-ce bieu que cette ,

��i

}

�� �