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9$S LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

imaginée par le jeune Sulpice, n'est pas plus étonnant que celui qui fit un beau soir, se connaître Jean d'Agrève et Hélène, mis sur la terre pour s'aimer, et pour n'aimer cha- cun que l'autre.

Un goût vif et ancien — indice peut-être d'une vocation contrariée — , a toujours attiré M. Bourget vers les choses de la médecine. Il lui arrive maintenant d'y sacrifier avec excès, et d'introduire cet élément étranger dans le domaine littéraire, non pas en l'adaptant aux lois de l'art où il pénètre, comme il eût été convenable de la part d'un aubin désireux d'obtenir ses lettres de naturalité, mais en prêtant, pour lui faire honneur, à cet étranger qui prétend conserver son origine, et n'est pas dénué d'un esprit de conquête, l'ap- pui de son talent, qui, par là même, sans que sa qualité varie, change de valeur, en changeant d'usage. Et M. Bourget me semble, dans ceci, jouer un peu le rôle d'un pontife, qui, ■devant à sa foi vive, et à ses lumières, une place éminente dans sa religion, mais porté, par un tour d'esprit quelque peu hérétique, à trouver du charme à une idole étrangère, prête au désir qu'il a d'introduire celle-ci dans le sanctuaire, le couvert de ses propres mérites, et tente de fonder ce culte hétérodoxe sur son orthodoxie reconnue. M. Sylvestre Bonnard était plus sage, qui, archéologue assez illustre, abandonna, au soir d'une vie sereine, les travaux qui l'avaient amusé, pour consacrer tous ses soins aux amours des insectes et des fleurs, objet jusqu'alors négligé d'une prédilection constante.

��LOUIS MARTIN-CHAUFFIER

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��CHÉRI, par Colette (Fayard).

Chéri a déconcerté quelques admirateurs de Madame Co- lette, parce qu'ils y ont cherché en vain la chaleur lyrique des Vrilles de la Vigne et de VEntrave. 11 y a dans Chéri bien

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