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SOUVENIRS SUR TOLSTOÏ 88 1

gnesse elle aussi, et de plus une femme pleine d'astuce ; et mon baluchon sous le bras je vidai les lieux, pendant que la veuve du général debout à sa fenêtre et agitant un châle rouge, criait :

— Je ne ferai pas venir la police — Tout est oublié — Ecoutez donc — Revenez — N'ayez pas peur.

XXIX

Je lui demandai : « Est-ce votre avis qu'exprime Posni- tchev ' lorsque vous lui faites dire que les médecins ont détruit et détruisent tous les jours des centaines et des cen- taines de milliers de gens ?

— Avez-vous un grand intérêt à le savoir?

— Grand intérêt.

— Alors je ne vous le dirai pas. » Et il souriait, jouant avec ses pouces.

Je me souviens que dans une de ses histoires il met sur le même niveau un de ces charlatans de village qui se disent vétérinaires et un docteur en médecine :

« Les mots « giltchak », « potchetchni », « saignée », ne signifient-ils pas exactement la même chose que nerfs, rhu- matisme, organisme, etc. ? »

Et ceci a été écrit après Jenner, Behring, Pasteur.

C'est de la perversité.

XXX

Etrange à quel point il aime jouer aux cartes ! Il y joue avec sérieux, avec passion. Ses mains frémissent de nervosité quand il relève les cartes, exactement comme s'il tenait entre ses doigts des oiseaux vivants et non des bouts de carton ina- nimés.

I . Dans la Sonate à Kreu\er.

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