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SOUVENIRS SUït TOLSTOÏ 865

n'existe pas de notre temps. » Six siècles se sont écoulés depuis, et tous les intellectuels se le ressassent piutuellement: « Il n'y a pas de miracles, de miracles il n'y en a point. » Et tout le monde continue à croire aux miracles, comme on y croyait au xu^ siècle. »

VI

« La minorité éprouve le besoin d'un Dieu, parce qu'elle possède tout le reste, tout, excepté lui, la majorité parce qu'elle ne possède rien. »

Je poserais le problème en termes différents : la majorité croit en Dieu par lâcheté. Rares sont ceux en qui la foi naît de la plénitude de l'âme.

VII

Il ni*a conseillé de lire les écrits des Bouddhistes. Quand il parle du Bouddhisme et du Christ, il devient toujours senti- mental. Ce qu'il dit du Christ est en général d'une pauvreté remarquable, pas d'enthousiasme, aucun sentiment dans ses paroles, point d'étincelles jaillissant d'un vrai foyer. J'ai l'im- pression qu'il regarde le Christ comme un coeur simple, et qui mérite notre pitié. Et bien que parfois aussi, il lui arrive d'éprouver de l'admiration pour Lui, il ne L'aime guère. Je croirais qu'il n'est pas sans appréhension : si Jésus arrivait dans un village russe, les ûlles se moqueraient de Lui.

VIII

Aujourd'hui le grand duc Nicolas Mikhaïlovitch était en visite chez les Tolstoï. C'est évidemment un homme très intelligent. Très modeste de maintien, il parle peu. Il a des yeux pleins de sympathie, une belle prestance et des gestes

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