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PEINTURE COMMUNISTE? 859

— Alors un directeur des Beaux-Arts, un jur}', un Institut, des croix, des diplômes ?...

— Evidemment ! N'est-ce point là le complément de tout art officiel ?

Les avantages matériels que le syndicalisme a procurés aux ouvriers manuels ont tourné la tète à beaucoup de travail- leurs intellectuels. Non contents de défendre leurs intérêts corporatifs, ce qui est légitime, certains d'entre eux vou- draient encore supprimer au profit de la collectivité, c'est-à- dire au leur, la prime au talent que donne la faveur — jus- tifiée ou non, la question n'est pas là — du public.

N'a-t-on pas vu un syndicat d'auteurs dramatiques dont la plupart des membres sont des auteurs dramatiques en puis- sance, et dirigé par l'un de ces derniers, s'unir aux machi- nistes et aux contrôleurs pour marcher ensemble à la con- xjuête des contrées opulentes où vivent grassement les auteurs dont le public applaudit — à tort ou à raison — les ouvrages.

Ces pièces, disent les syndiqués, ne valent rien et les spectateurs ont mauvais goût. Soit, peut-on leur répondre, mais emploierez-vous la force pour attirer et retenir les spectateurs à des spectacles qui les ennuient, contraindrez-vous un chacun de participer à ces fêtes du peuple et autres céré- monies laïques et obligatoires que M. Géniier rêve de « mettre en scène ».

C'est ici que la dictature intervient. Et c'est fort logique. Car, après tout, de quel droit prétendrai-je, en régime com- muniste, choisir mes plaisirs, éprouver telle ou telle sensa- tion, différente et peut-être plus vive ou plus agréable que celles de mon voisin ? Un seul plaisir, le même pour tous, telle est la pure doctrine.

11 est assez significatif qu'elle ait trouvé à s'exprimer, sous une forme enveloppée il est vrai, voire même sybilline, dans la préface du catalogue du Salon d'Automne. L'auteur de ce morceau est mon excellent confrère Pierre Jaudon. Cet écri-

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