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850 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

��— C'est Novembre, et la lutte au bout de ces cinq années sans qu'on sache comment a pris fin, et la meil- leure preuve de ce qui s'est passé.

Pendant que nous existons toujours, c'est l'ennemi tout-à-coup dans nos bras qui s'est affaissé.

Quoi, on ne nous demande plus rien, quoi, c'est vrai que nous sommes vainqueurs !

C'est vrai que pour notre sang versé nous allons rece- voir autre chose que de l'honneur,

Ce salaire que les autres nous ont permis de toucher, ce prix pour la première fois de notre sang, (ah, nous n'y étions pas habitués !)

Je dis, du haut des Vosges, là-bas, — cette tache dans le brouillard d'automne et le long de ce grand fleuve indistinct, — cette terre qui était à nous et qu'on va nous restituer.

Jamais, à qui revient, après ces longs ans, d'exil, vic- toire ne fut annoncée par tant de pleurs et tant de pluie !

Des deux parts des Champs-Elysées toute cette fer- raille qui luit.

C'était ça qui tirait sur nous et c'est ça de nos mains que nous avons pris.

Tout ce parc de dragons confus maculés de fange et de mousse qu'on avait amené pour nous démolir.

Tout cela qui tonnait et crevait sur deux cents lieues, l'artillerie de Wotan et (ïJEg'ir,

C'est cela qui fond ainsi lamentablement, insulté par les taxis dans le ruisseau, et nous sommes pleins de cette affreuse dépouille abandonnée !

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