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SAINT MARTIN


La mère est ce qu’il y a de patient et de fidèle et de tout près et de toujours pareil et de toujours présent.

C’est toujours la même figure attentive, et c’est toujours, sous son regard, le même enfant,

Qui sait que tout lui appartient sans pitié et qui vous trépigne de ses deux pieds sur le ventre.

Mais le père est ce qui n’est jamais là, il sort et l’on ne sait jamais au juste quand il rentre.

L’hôte aux rares paroles du repas que le journal dès qu’il a quitté la table réengloutit :

Un bonjour, un bonsoir distraits, une ou deux questions de temps en temps, une explication difficile et pas finie,

Puis subitement parfois quelques jeux violents et courts et l’intervention terrifiante de ce gros camarade.

Et cependant c’est bon, cette grosse main quand on ne sait plus au juste où l’on est, qui vous prend, ou sur le front cette caresse furtive lorsque l’on est malade.

C’est lui qui commande notre château et qui se débrouille au dehors avec ce grand monde confus.

Il est le justicier en dernier recours formidable et