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690 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Jean Moréas, Rémy de Gourmont, Alfred Jarry et, il faut le dire, le léger Paul Fort, tinrent le poète d'Alcools pour incapable d'aucune simulation.

Les farces qu'il se permit furent d'autre sorte. Il trompa l'ennui d'accomplir des besognes de librairie en équivoquant avec une verve rare. Dalize ici fut par- fois son complice. L'avenir retrouvera la clé d'une his- toire littéraire enfouie sous un fatras babylonien imité des pédants. M. Seignobos a couvert de son autorité une publication internationale, accueillante aux élucu- brations du poète annonçant, avec traduction des pièces diplomatiques et dépêches datées à l'appui, la prochaine conversion du Kaiser au catholicisme !

Ah ! ce bureau de VEuropéen, rue Dauphine ! Le gentil Arne Hammcr, secrétaire fidèle, couvrant de son corps, de ses bras, !a table du rédacteur en chef, aux fins de contrarier le pillage des revues que nous préméditions. Quand Jean Jaurès et Pressensé parlèrent, au Tivoli Vaux Hall, en faveur des juifs martyrisés à Kichinew, Pierre Quillard et Louis Dumur prièrent leurs jeunes collaborateurs d'assurer un service de propagande ; soit vendre V Européen dans la salle. Le prix exorbitant pour l'époque, six sous, favorisait mal notre industrie. Je pris sur moi de distribuer gratuitement l'organe. Idée que Guillaume voulut trouver la meilleure. Mais c'était long. Alors, grimpant aux galeries, Guillaume qui avait de ces innocentes inventions, ne cessa plus de jeter ses Européen sur le parterre, par gros paquets ficelés. Il y eut tempête. Le prolétaire se révolta assommé par le poète et j'eus grand'peine à tirer de là Guillaume qu'après le peuple les agents voulurent malmener sans savoir pourquoi.

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