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VIE DE GUILLAUME APOLLINAIRE 689

gnant de profitables alliances, perdant par son honnêteté la petite situation acquise dans un journal du soir, rédigèrent un effarant communiqué aux fins de se déso- lidariser d'avec Guillaume Apollinaire « qui les compro- mettait ! »

C'est à crever de rire ! Je l'en vis pleurer. Depuis, les meilleurs d'entre ces coupables ont témoigné d'un vrai repentir. Je n'ai rapporté cette pitoyable anecdote que pour marquer mieux la sincérité de mon cher compa- gnon continuant après cela de servir la cause d'un art qui lui devait tant et qui avait tout son amour. Je mets au défi qui que ce soit de se flatter, sérieusement, d'avoir recueilli d'Apollinaire le moindre aveu de mystification. D'honnêtes gens se trompent quand ils soutiennent qu'Apollinaire s'amusait en poète de faire vivre des baudruches, de prêter son âme diaprée à des manne- quins.

Voici ce qui advint, simplement, et qui, avant nous, fut vrai pour les historiens au jour le jour du symbo- lisme, de l'impressionnisme ou du réalisme. On ne peut pa-s, au premier jour, alors qu'on aspire à faire admettre le credo d'une école, rendre sensible le génie du chef, de l'initiateur, la valeur des premiers disciples et l'inanité des trublions accourus. Les ennemis de ces écoles neuves le savent bien qui, avec moins d'honnêteté, usent de la méthode contraire et, pour l'éreinter, adoptent, eux aussi, tout le groupe. Pour discréditer Mallarmé, Henry Fouquier utilisait Baju. A cause de quoi, l'on refusa d'admettre notre tendresse dédiée au vieux Rousseau. Même parmi d'anciennes victimes des Fouquier on mé- connut la bonne foi d'Apollinaire. Seuls parmi nos aînés,

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